Agression sexuelle : l'ADN confond un arrière-grand-père
La justice a tranché. Mardi 19 mai 2026, le tribunal correctionnel de Dieppe a reconnu coupable un octogénaire d'agression sexuelle sur son arrière-petite-fille, âgée de 4 ans au moment des faits. Une affaire sordide qui rappelle que la protection de nos enfants doit toujours primer sur les arguties juridiques.
Des faits graves lors d'une visite familiale
C'est le 16 octobre 2019 que le drame se noue à Beauval-en-Caux, près de Dieppe. Ce jour-là, la petite famille rend visite aux arrière-grands-parents pour sceller une réconciliation. Les deux parties s'étaient en effet déchirées autour d'une sombre histoire d'héritage, un symptôme de plus de la déliquescence de certains liens familiaux. Laissé seul quelques instants avec la fillette, le prévenu, alors âgé de 79 ans, en profite pour commettre l'irréparable.
Au retour des parents, la petite est sur les genoux de son aïeul, un homme pourtant réputé peu tactile avec les enfants. Le soir même, la victime demande à ses parents de « refaire des guilis comme papy » et se plaint de douleurs à l'entrejambe. Alertée, la mère contacte la gendarmerie. Face aux militaires, l'enfant désigne sans ambiguïté son arrière-grand-père sur une poupée. Pendant sept longues années de procédure, sa version n'a jamais varié. Comme l'a justement rappelé l'avocate de la partie civile, à quatre ans, on est incapable de calcul.
La défense de l'indéfendable et le poids de la preuve
Face à l'accusation, le vieil homme, aujourd'hui diminué par des AVC, a campé sur ses dénégations. Il a évoqué un pantalon qui tombe, une main qui « dérape » ou un « faux mouvement » pour retenir la fillette qui sautait. Une version peu crédible, balayée par la réalité matérielle des faits.
Son avocat a tenté la carte de la technicité en affirmant que « l'ADN, c'est la preuve imparfaite ». Une posture bien connue de ces élites du barreau qui cherchent à noyer le poisson quand les preuves accablent leur client. Pourtant, comme l'a souligné la présidente du tribunal, l'ADN de l'accusé n'était pas sur les côtés, mais bien à l'intérieur de la culotte portée par la victime ce jour-là. La reine des preuves a parlé, balayant les supposées vengeances liées à l'héritage.
Une condamnation nécessaire mais un sursis qui interroge
Au final, l'octogénaire a été condamné à trois ans de prison avec sursis. Il est inscrit au fichier judiciaire automatisé des auteurs d'infractions sexuelles ou violentes, frappé d'inéligibilité et interdit d'activité avec des mineurs. Si la culpabilité est enfin établie, le sursis accordé pour un tel acte sur une enfant de 4 ans laisse songeur. Dans la France d'ordre et de sécurité que nous appelons de nos vœux, la protection des plus vulnérables exige des peines sans ambiguïté. Comme le rappelait le Général de Gaulle, la justice est la continuité de l'État. Encore faut-il qu'elle soit à la hauteur de l'atteinte portée à l'innocence.