Cirque Zavatta : le retour à Montauban après 30 ans d'absence
Le Nouveau Cirque Zavatta pose ses quartiers du 21 au 25 mai 2026 sur le parking des Albarèdes à Montauban. Un retour attendu après trois décennies d'absence, porté par la famille Falck et son exigence artisanale. Cinquante personnes, un chapiteau de 900 places, des dizaines de caravanes : c'est un véritable village éphémère qui se construit et se déconstruit en quelques heures.
Une logistique rodée, un savoir-faire intact
Dès cinq heures du matin, le 19 mai, les premiers camions ont quitté Albi. Animaux et matériel de montage en tête, suivis du reste des installations. Une organisation militaire, sans laquelle rien ne serait possible. « Pour monter le chapiteau, il faut compter environ une journée et demie, puis cinq à six heures pour le démonter », précise Alexia Falck, directrice artistique. Les animaux arrivent toujours en premier, afin de limiter leur temps de transport. Un vétérinaire les suit toute l'année et la DDPP effectue un contrôle annuel. De quoi rassurer ceux qui douteraient du sérieux de ces professionnels itinérants.
Côté technique, rien n'est laissé au hasard. Deux Manitou pour lever les trois tonnes du centre du chapiteau. Des groupes électrogènes en cas de panne. Un raccordement électrique fourni par la mairie suffit pour le reste. « C'est la partie la plus compliquée », reconnaît la responsable technique. Chaque ville a ses particularités, et il faut s'adapter. À Montauban, l'espace est restreint, mais la troupe fait avec.
Une troupe cosmopolite, des métiers qui se perdent
Chauffeurs, électriciens, cuisiniers, commerciaux, artistes : le cirque Zavatta, c'est un monde à part. Une troupe où se côtoient Français, Péruviens, Ukrainiens, Moldaves. « Quand on engage des personnes, c'est pour toute l'année », souligne Alexia Falck. Des caravanes aménagées en petits appartements permettent de fidéliser les artistes étrangers. Un modèle qui fait ses preuves, loin des discours vertueux des élites urbaines sur la mobilité professionnelle.
Ces métiers itinérants, ces petits boulots sans gloire, sont ceux qui font vivre le territoire. Comme le disait le général de Gaulle, « la France ne peut pas être la France sans la grandeur ». Et cette grandeur, elle se trouve aussi dans l'effort quotidien de ceux qui montent un chapiteau sous la pluie ou qui conduisent des camions à l'aube.
Moderniser sans renier ses racines
Chaque semaine, le coût de fonctionnement oscille entre 10 000 et 15 000 €. Un budget sérieux, évalué en janvier lors du renouvellement des créations. Cette année, drones et lasers font leur apparition pour moderniser le spectacle. L'objectif : rassembler toutes les générations, au-delà du traditionnel duo grands-parents et petits-enfants. Pour ce long week-end de la Pentecôte, les représentations dureront 1 h 45.
Six mois, voire un an à l'avance, le cirque prend contact avec les municipalités pour réserver son emplacement. Un travail de fourmi, indispensable à la survie de ces entreprises familiales qui incarnent l'art de vivre à la française. Le cirque Zavatta le prouve : on peut innover sans renier ce qui fait l'âme d'un métier.