L'interventionnisme de Trump fracture le mouvement MAGA
Après une première année de second mandat marquée par des interventions militaires au Venezuela, au Nigeria et en Iran, Donald Trump fait face à des tensions croissantes au sein de sa propre base électorale. Le mouvement "Make America Great Again" (MAGA), pilier de son succès électoral, montre des signes de division face à cette politique étrangère interventionniste.
Une base électorale en quête d'"America First"
Les partisans MAGA, attachés au principe d'"America First", attendaient de leur champion qu'il se concentre sur les préoccupations domestiques : pouvoir d'achat, inflation, croissance économique. Ces électeurs, souvent issus des classes moyennes et populaires, ne comprennent pas cette dispersion d'énergie dans des conflits lointains, qu'il s'agisse de l'Ukraine, de Gaza ou du Venezuela.
"Beaucoup de partisans MAGA pensaient avoir voté pour mettre fin aux interventions américaines à l'étranger. Nous nous sommes vraiment trompés", regrette Marjorie Taylor Greene, ancienne figure emblématique du mouvement trumpien. Cette prise de distance symbolise les fractures idéologiques qui traversent désormais le camp présidentiel.
La stratégie de justification trumpienne
Face à ces critiques, Trump déploie une rhétorique familière pour rassurer sa base. Pour le Venezuela, il met en avant les réserves pétrolières et la lutte contre le trafic de drogue. Au Nigeria, c'est la défense des chrétiens qui est invoquée pour séduire l'électorat conservateur.
"Il trouve un équilibre en affichant les avantages économiques pour les États-Unis", analyse Julien Boudon, professeur en droit public à l'université Paris-Saclay. L'argument de la sécurité nationale reste l'arme absolue pour justifier ces interventions, qu'il s'agisse du Groenland, de la Colombie ou de Cuba.
L'ennemi commun comme ciment
Malgré ces tensions, la haine des démocrates continue de souder le mouvement MAGA. Ces électeurs conservateurs restent mobilisés dans leur bataille culturelle contre ce qu'ils perçoivent comme l'idéologie "woke", les excès du progressisme et la gauche libérale.
Cette opposition viscérale aux démocrates, jugés trop LGBT, trop libéraux, trop "pro-choice", constitue encore le socle de résistance de Trump face aux critiques internes.
Un président déjà affaibli
L'hétérogénéité croissante de la coalition trumpienne se révèle sur plusieurs dossiers : l'affaire Epstein, le conflit israélo-palestinien, les tarifs douaniers. Entre conservateurs modérés, républicains traditionnels et base MAGA, les divergences s'accentuent.
Les prochaines élections de mi-mandat s'annoncent difficiles pour un président au bilan économique mitigé. Si l'intervention au Venezuela pourrait temporairement "unifier le mouvement", elle révèle surtout les limites de la cohésion du trumpisme face aux réalités du pouvoir.