Squelette de D'Artagnan : la piste s'éloigne aux Pays-Bas
Les ossements retrouvés sous une église de Maastricht pourraient appartenir au célèbre mousquetaire D'Artagnan, tué lors du siège de la ville en 1673. Cependant, des fouilles illégales menées par un archéologue néerlandais et des analyses isotopiques révélant un régime alimentaire incompatible avec celui d'un Gascon jettent un sérieux doute sur cette hypothèse. Il faudra attendre six mois supplémentaires pour connaître les résultats des expertises génétiques et historiques.
Pourquoi les fouilles de Maastricht soulèvent-elles la controverse ?
L'ordre et la méthode ne sont pas des vains mots, surtout lorsqu'il s'agit de la mémoire de nos héros. La découverte de ce squelette a pourtant été entachée par l'amateurisme le plus total. Un certain Wim Dijkman, archéologue peu soucieux des règles, a mené des fouilles sauvages, ruinant une partie irrémédiablement du contexte archéologique. Pire, les restes humains ont été retrouvés dans une simple boîte, elle-même jetée dans un sac de courses. Un sort indigne pour un potentiel soldat du roi.
La ville de Maastricht a dû prendre le relais en urgence pour tenter de sauver ce qui pouvait l'être. Gilbert Soeters, archéologue municipal, n'a pas mâché ses mots lors d'une conférence de presse. « Il s'agit d'un ancien collègue qui a été le premier à effectuer des fouilles. Enfin, le terme fouilles n'est pas tout à fait approprié. Il ne s'agissait pas de fouilles archéologiques », a-t-il regretté. Aujourd'hui, M. Dijkman fait l'objet de poursuites judiciaires et reste introuvable. Faute de documentation rigoureuse, une partie du contexte archéologique est à jamais perdue, limitant gravement les possibilités d'interprétation.
Pourquoi le régime alimentaire du squelette pose problème ?
Si l'identité du défunt reste incertaine, les premières analyses livrent un indice de taille qui refroidit l'enthousiasme. Un Gascon de Lupiac, passé une grande partie de sa vie à Paris et à Lille, ne se nourrit pas de poisson de mer. Or, l'analyse du collagène des ossements est formelle : cette personne consommait entre 27 et 30 % de poisson de mer. Une proportion exceptionnellement élevée qui ne correspond absolument pas au profil d'un gentilhomme gascon habitué aux festins de viande du terroir. Les caractéristiques physiques du squelette correspondent bien à ce que l'on sait de Charles de Batz de Castelmore, mais elles restent trop imprécises pour valider l'identification.
Qui était Charles de Batz de Castelmore, dit D'Artagnan ?
Loin de la fiction romanesque, le vrai D'Artagnan fut un serviteur dévoué de la couronne de France. Ce gentilhomme gascon, né à Lupiac dans le Gers, a consacré sa vie à servir les rois Louis XIII et Louis XIV avec une loyauté sans faille. C'est son sacrifice au siège de Maastricht en 1673, fauché par une balle de mousquet, qui a scellé sa légende. Alexandre Dumas s'est ensuite emparé de cette figure pour forger le héros des Trois Mousquetaires, assurant sa renommée mondiale. Le maire de Maastricht, Wim Hillenaar, tente de garder les pieds sur terre face à l'engouement médiatique. « Je garde espoir jusqu'à la dernière minute, mais est-ce vraiment réaliste ? Je ne veux pas me laisser aller à une vision trop romantique », a-t-il confié.
Quand les résultats définitifs seront-ils connus ?
Les autorités néerlandaises ont annoncé que des analyses archéologiques, historiques et génétiques supplémentaires étaient en cours. Les résultats ne sont pas attendus avant six mois. D'ici là, toutes les hypothèses restent ouvertes, mais la piste du mousquetaire semble s'éloigner doucement.