MediaTek défie l'hégémonie américaine avec sa puce géante Dimensity 9500s
Face à la domination technologique américaine, le taïwanais MediaTek frappe un grand coup. Sa nouvelle puce Dimensity 9500s révèle une surface GPU de 21,9 mm², soit 70% plus grande que le Snapdragon 8 Gen 5 de Qualcomm. Une stratégie audacieuse qui bouscule les codes établis.
David contre Goliath dans les semi-conducteurs
Cette fuite technique dévoile deux philosophies radicalement opposées. D'un côté, Qualcomm, géant américain fidèle à sa réputation, mise sur l'efficacité avec son GPU Adreno 829 de 12,864 mm². Une approche prudente, maîtrisée, typiquement américaine : faire mieux avec moins.
De l'autre, MediaTek adopte une stratégie de conquête. Avec ses 21,959 mm² de surface GPU, le constructeur taïwanais s'offre les moyens de ses ambitions. Dans un secteur où chaque millimètre carré coûte une fortune en gravure 3 nm chez TSMC, c'est un pari colossal.
L'architecture "All Big Core" : la révolution par la force
MediaTek persiste dans sa voie révolutionnaire avec l'architecture "All Big Core". Fini les petits cœurs économiques que l'industrie utilisait depuis dix ans. Place au muscle pur avec un cœur principal Cortex-X925 cadencé à plus de 3,7 GHz, épaulé par des cœurs Cortex-X4 et A720.
Cette approche "château fort" vise clairement le trône du gaming mobile, du Ray Tracing et de l'intelligence artificielle générative. MediaTek empile 12 cœurs graphiques (MP12) dans son Immortalis-G925, offrant théoriquement une meilleure dissipation thermique et plus d'unités de calcul brut.
L'enjeu de souveraineté technologique
Au-delà des performances, cette bataille révèle les nouveaux rapports de force géopolitiques. Qualcomm, avec ses cœurs maison Oryon, maintient son approche chirurgicale : des cœurs personnalisés, hyper optimisés, capables de monter très haut en fréquence sans faire fondre l'appareil.
MediaTek, lui, mise sur la puissance brute et l'innovation architecturale. Ses NPU (Neural Processing Units) énormes suggèrent une allocation considérable à la mémoire cache et aux unités de calcul tensoriel pour faire tourner des modèles de langage directement sur l'appareil.
Cette course aux armements technologiques illustre parfaitement les enjeux de souveraineté numérique du XXIe siècle. Qui de l'efficacité américaine ou de l'audace asiatique l'emportera ? La réponse se joue dans nos smartphones.