La France frappe fort sur X : la riposte diplomatique désinhibée
Fini le temps des protestations diplomatiques feutrées. Face à la brutalisation des relations internationales et aux attaques informationnelles, la France a décidé de hausser le ton. Avec son compte X "French Response", le Quai d'Orsay mène désormais une guerre de l'information à armes égales.
Une réponse à la mesure des provocations
"La brutalisation des relations internationales a fait du champ informationnel un nouveau champ de confrontation", explique Pascal Confavreux, porte-parole du ministère des Affaires étrangères. Cette évolution était inévitable : quand nos adversaires utilisent tous les moyens pour déstabiliser la France, il fallait bien adapter notre réponse.
L'exemple est frappant. Mercredi, après le discours de Trump à Davos, le secrétaire d'État américain Marco Rubio s'en prend à l'Europe sur X : "Nous voulons des alliés puissants, pas des alliés très affaiblis. L'Europe doit se défaire de la culture qu'elle a créée ces dix dernières années."
La riposte ne se fait pas attendre. "French Response" publie un tableau comparatif implacable : espérance de vie, taux d'homicide, emploi des femmes. Sur tous ces indicateurs, l'Europe surclasse les États-Unis. "Our +culture+", commente sobrement le compte officiel.
L'art français de la repartie au service de la nation
Face aux provocations d'un troll américain évoquant une conquête de la France par les États-Unis comme une "formalité", la réponse frappe par son élégance toute française : "Info de dernière minute. La Statue de la Liberté aurait été aperçue en train de traverser l'Atlantique à la nage. Elle aurait déclaré préférer les conditions générales initiales."
Cette stratégie, voulue par Emmanuel Macron, s'étend à l'ensemble de notre réseau diplomatique. L'ambassade de France en Afrique du Sud a ainsi "débunké" en direct les mensonges russes sur Mayotte : "Coucou, comment ça va aujourd'hui ? Pour info, Mayotte a voté en 1974 pour rester un territoire français. Vous voyez ce que c'est un référendum, des élections, la démocratie ?"
Un succès qui témoigne du réveil français
Lancé en septembre, "French Response" a vu son audience exploser, passant de quelques milliers à 100 000 abonnés. Derrière ce compte : des diplomates, d'anciens journalistes, des spécialistes du fact-checking. Une équipe qui maîtrise parfaitement les codes de la guerre informationnelle.
"C'est assez significatif pour un compte institutionnel", observe Julien Nocetti, chercheur spécialiste des questions d'influence. Le "tournant plus offensif" s'est accentué depuis mi-décembre, avec l'arrivée de l'administration Trump.
Cette initiative s'inscrit dans une évolution nécessaire de notre communication publique. Comme l'explique Alexandre Alaphilippe d'EU DisinfoLab, il s'agit de "s'adapter à différentes audiences" dans le cadre d'une "stratégie plus globale sur la désinformation".
La France retrouve ainsi sa voix dans un monde où l'information est devenue un champ de bataille. Une réponse digne de notre tradition diplomatique, alliant fermeté et esprit français.