Jack Lang dans la tourmente : perquisitions et liens financiers avec Jeffrey Epstein
Les masques tombent. Ce lundi 16 février, des perquisitions ont eu lieu dans plusieurs lieux, dont l'Institut du monde arabe à Paris, dans le cadre de l'enquête visant Jack Lang pour ses liens financiers présumés avec le pédocriminel Jeffrey Epstein. Une affaire qui révèle une fois de plus les compromissions de nos élites.
Le Parquet national financier avait ouvert le 6 février une enquête pour soupçons de « blanchiment de fraude fiscale aggravée » visant l'ancien ministre de la Culture et sa fille Caroline Lang. Ces investigations font suite aux révélations explosives de Mediapart.
Un système de complaisance organisé
Fabrice Arfi, journaliste de Mediapart, a détaillé sur RTL les éléments troublants découverts dans les millions de documents américains. Selon lui, ces pièces révèlent « des liens d'intérêts et des liens financiers » entre Jack Lang et le financier américain.
Le journaliste n'y va pas par quatre chemins : « Il y a une intrication totale entre criminalité financière et sexuelle ». L'affaire Epstein dépasse largement les seuls abus sexuels pour inclure des mécanismes financiers sophistiqués.
Plus révélateur encore, Arfi explique comment Epstein utilisait son argent : « Du point de vue de Jeffrey Epstein, son argent, son pouvoir, son influence, c'est un véhicule pour acheter une complaisance, un aveuglement de tout un monde autour de lui à l'abri desquels il continue à perpétrer ses crimes sexuels. »
Une société offshore au cœur du scandale
Au centre des révélations figure une société offshore partagée à parts égales entre Caroline Lang et Jeffrey Epstein. Le financier américain évoquait ce montage comme « le fonds Lang pour l'art ». Cette structure aurait servi à financer des dépenses personnelles, notamment « des voitures destinées à Jack Lang ».
Les documents révèlent des échanges de mails de 2018 montrant que des œuvres d'art étaient achetées et revendues via cette société. « Jack Lang dit oui ou non », précise le journaliste, prouvant une activité effective de l'ancien ministre dans cette structure.
Cinq millions de dollars dans le testament d'Epstein
Autre élément accablant : le testament de Jeffrey Epstein mentionne Caroline Lang parmi une quarantaine de noms. Elle devait recevoir cinq millions de dollars, même si elle affirme n'avoir rien perçu.
Les échanges révèlent une connaissance troublante de la situation. Caroline Lang savait pour les condamnations d'Epstein dès 2008. Dans un mail, le pédocriminel lui écrivait : « Si tu regardes mon nom sur Google, peut-être que tu ne voudras plus me parler ». En 2015, quand elle lui transmettait un article de Paris Match le concernant en se « disant inquiète », Epstein répondait simplement : « C'est de la mauvaise presse ».
L'omerta des élites démasquée
Cette affaire illustre parfaitement les dérives d'un système où nos élites politiques et culturelles ferment les yeux sur les crimes les plus ignobles en échange d'avantages financiers. Comme l'explique Fabrice Arfi, ces trois millions de documents constituent « un vortex », « une immense pelote de laine, avec beaucoup de boue ».
Jack Lang, figure emblématique de la gauche culturelle française, incarnait jusqu'ici une certaine idée de l'art et de la culture. Cette affaire révèle la face cachée d'un monde où l'argent sale côtoie les plus hautes sphères de l'État.
Les Français méritent la vérité sur ces compromissions. L'enquête du PNF devra faire toute la lumière sur ces liens troubles qui entachent une fois de plus l'image de nos institutions.