Feu au Porge : le patron des pompiers démonte la rumeur du « sacrifice » des habitants
Le directeur des pompiers de Gironde, Marc Vermeulen, a fermement démenti ce jeudi 6 août dans Sud-Ouest toute accusation d'abandon de la commune du Porge, durement frappée par le mégafeu. Alors que des sinistrés dénoncent un « sacrifice » au profit de la presqu'île du Cap Ferret, le patron du Sdis 33 oppose des faits précis et des chiffres.
Des accusations infondées ?
« Nous n'avons jamais abandonné Le Porge », assène Marc Vermeulen. Il reconnaît des mouvements de moyens vers Lacanau et Lège, mais précise qu'il s'agissait de médecins, de camions de carburant et de soutien sanitaire, non de détournement des moyens de lutte contre le feu. « La manœuvre a pu susciter une incompréhension », concède-t-il, tout en jugeant le procès « injuste ».
Sur les 240 maisons brûlées, 183 se situent au Porge. Un collectif d'habitants a annoncé son intention de porter plainte, estimant que les stars du Cap Ferret auraient bénéficié d'un traitement de faveur. Mais Marc Vermeulen balaye ces rumeurs : « Je ne suis pas mondain, ils n'ont pas mon numéro. Personne. Rien. Je n'ai reçu aucune pression d'aucune autorité. »
Une priorité : sauver des vies
Le directeur des pompiers rappelle que la priorité absolue était de sauver des vies, face à un feu arrivant par le nord dans un « cul-de-sac ». « Jusqu'à nouvel ordre, toutes les vies ont la même valeur », insiste-t-il, dénonçant toute idée de protection sélective selon le revenu des propriétaires. « Oui, chaque maison brûlée est une maison de trop, mais il n'y a aucune victime dans la population. »
Selon une première étude, 90 % du bâti menacé a été préservé. Le patron des pompiers détaille aussi la réponse initiale : signalement à 12 h 02, intervention 16 minutes plus tard, appui aérien dans l'heure. « Après la mort de nos camarades à Mérignac, entendre que l'on attend le feu sur le bord des routes me fait perdre mon calme. L'engagement des pompiers a été total. »
Un combat inégal dans une forêt devenue poudrière
Marc Vermeulen conclut en soulignant les conditions extrêmes : « Le combat était inégal. Aujourd'hui, la forêt est une poudrière. » Ce mégafeu, le plus dévastateur en France depuis 1949, est considéré comme « maîtrisé » mais reste sous surveillance.
Cette affaire pose une question brûlante : en période de crise, les élites du Cap Ferret bénéficient-elles d'un traitement de faveur ? Les pompiers répondent non, mais le doute persiste chez les sinistrés du Porge, qui réclament justice.
FAQ
Les pompiers ont-ils abandonné Le Porge ?
Non, selon Marc Vermeulen. Les mouvements de moyens vers Lacanau et Lège concernaient du soutien sanitaire, non des moyens de lutte contre le feu. Il juge les accusations « injustes ».
Combien de maisons ont brûlé au Porge ?
183 des 240 habitations détruites par le mégafeu se situent au Porge. 90 % du bâti menacé a été préservé selon une première étude.
Y a-t-il eu des pressions pour protéger le Cap Ferret ?
Marc Vermeulen affirme n'avoir reçu aucune pression d'autorité, d'élu ou de personnalité. Il dénonce une rumeur infondée.
Quelle a été la réponse initiale des pompiers ?
Le feu a été signalé à 12 h 02 le 22 juillet. Les premiers pompiers sont intervenus 16 minutes plus tard, appuyés dans l'heure par des moyens aériens.