Un projet d'éco-hameau fracture un village lotois : entre utopie et réalité
À Concorès, dans le Lot, un projet d'éco-hameau sème la discorde au cœur du paisible hameau de Goulème. Ce qui devait être une simple initiative écologique s'est transformé en véritable fracture sociale, opposant les tenants d'un supposé progrès vert aux habitants soucieux de préserver leur cadre de vie.
Un projet démesuré qui inquiète les riverains
Le projet ne manque pas d'ambition : six bâtiments d'habitation, quatre de stockage, deux buanderies, une cuisine commune et trois résidences démontables. Un ensemble qui transformerait radicalement l'identité de ce hameau de 300 âmes où chacun se connaît depuis des générations.
Éric Blaty, riverain immédiat, a engagé fin décembre des recours gracieux contre les permis délivrés par la mairie. Sa démarche met en lumière de nombreuses irrégularités : absence d'aménagement du carrefour, négligence du réaménagement du chemin rural, extension des réseaux non prévue. Des manquements qui révèlent une gestion municipale pour le moins approximative.
L'intervention des forces de l'ordre révélatrice
L'affaire a pris une tournure plus grave début décembre avec l'intervention de gendarmes spécialisés dans les dérives sectaires. Une démarche qui en dit long sur les inquiétudes légitimes des habitants face à ce projet aux contours flous.
"Des inquiétudes ont été exprimées par les habitants", confirme la préfète du Lot, Claire Raulin. Cette intervention officielle valide les préoccupations des riverains, loin d'être des "procéduriers" comme tente de les présenter la municipalité.
Une mairie sourde aux préoccupations locales
Face aux oppositions légitimes, la municipalité de Gérard Gaydou persiste et signe. Elle qualifie de "cabale" les inquiétudes des habitants et refuse toute remise en cause. Cette attitude révèle une déconnexion préoccupante entre les élus et leurs administrés.
"On ne peut pas rester dans l'entre-soi et le passéisme", affirme la mairie, utilisant le vocabulaire habituel du progressisme pour disqualifier toute opposition. Une rhétorique qui ne trompe personne : il s'agit bien d'imposer un mode de vie communautaire sans consultation préalable.
La défense du bon sens face à l'utopie
Les habitants mobilisés ne cherchent pas le conflit mais défendent simplement leur qualité de vie et l'équilibre de leur territoire. "Ce projet est un danger pour nous", résume Roland Marty, exprimant le sentiment de nombreux villageois.
Cette résistance citoyenne illustre parfaitement la fracture entre les élites qui prônent les "nouveaux modes de vie" et les Français attachés à leurs traditions et à leur environnement. Dans ce village où "la proximité faisait la force", l'idéologie verte a semé la division.
L'affaire de Concorès révèle les dérives d'un écologisme dogmatique qui s'impose sans concertation, au mépris des populations locales et de leurs légitimes préoccupations. Un cas d'école qui devrait inspirer la prudence aux élus tentés par ces expérimentations sociales.