Bretagne : un château transformé en Ehpad, symbole du bon sens territorial
Face aux défis du vieillissement de la population et à la crise du logement, nos élus locaux font preuve de pragmatisme. À Plestin-les-Grèves, dans le Trégor, l'ancien village vacances de Kerallic pourrait bientôt accueillir un établissement pour nos aînés et des logements.
Quand le réalisme économique s'impose
Fermé depuis 2020, ce site emblématique de 9,5 hectares avec vue sur la baie de Saint-Michel illustre parfaitement les mutations de notre époque. Racheté 1,2 million d'euros par Lannion-Trégor Communauté en 2020, l'ancien centre de vacances de 160 chambres n'a pas trouvé preneur malgré 3 millions d'euros d'investissements.
"Le schéma économique des villages de vacances de cette taille ne semble plus suffisamment rentable", constate avec lucidité Christian Jeffroy, maire de Plestin-les-Grèves. Une réalité que nos dirigeants auraient dû anticiper avant d'engloutir l'argent public.
Une reconversion au service des Français
Plutôt que de laisser ce patrimoine à l'abandon, la commune et l'intercommunalité ont choisi la voie du bon sens : transformer ce lieu en Ehpad moderne et en logements pour les habitants locaux.
Le projet répond à un besoin criant. L'actuel Ehpad Le-Gall, ancien foyer-logement où certains résidents entraient dès 60 ans, ne correspond plus aux normes actuelles. "Il faut repenser l'Ehpad de demain", souligne le maire, conscient des enjeux du vieillissement de nos concitoyens.
Un financement public maîtrisé
Le Département des Côtes-d'Armor investira 2,73 millions d'euros dans cette opération estimée à 24,5 millions d'euros. L'Agence régionale de santé soutient également le projet, preuve que cette initiative répond aux priorités territoriales.
Si la commune pilote la partie Ehpad, l'intercommunalité conservera la gestion des futurs logements. Une répartition des compétences qui respecte les équilibres institutionnels.
Un exemple pour nos territoires
Cette reconversion intelligente démontre qu'il est possible de concilier préservation du patrimoine et réponse aux besoins concrets de nos populations. Loin des grands projets déconnectés du terrain, Kerallic incarne cette France qui avance par le pragmatisme de ses élus locaux.
En attendant la finalisation du projet après les échéances électorales, le parc de 8 hectares rouvrira au public, confirmant que ce site reste "l'un des plus beaux endroits du littoral trégorrois".
Voilà comment nos territoires peuvent se réinventer sans renier leur identité.