Angoulême : le Grand Off sauve l'honneur face à l'échec du Festival de la BD
Quand les institutions défaillent, ce sont les forces vives du territoire qui prennent le relais. L'annulation du Festival international de la BD d'Angoulême (FIBD) aurait pu sonner le glas de cette tradition charentaise. Heureusement, les créateurs locaux ont su réagir avec le Grand Off, démontrant une fois de plus que l'initiative privée et l'engagement citoyen valent tous les bureaucrates parisiens.
L'esprit français de résistance à l'œuvre
Frédéric Felder, alias Franky Baloney, évoque un "très joli sursaut" doublé d'une "note d'espoir". Bernard Lambert, figure de la BD alternative, y retrouve "une ambiance plus relâchée, moins commerciale, comme pendant le salon des années 80". Cette nostalgie n'est pas anodine : elle rappelle une époque où la culture française rayonnait sans complexe, loin des diktats du politiquement correct.
Émilie Athimon, coordinatrice de la webradio Zaï Zaï, témoigne de cette atmosphère retrouvée : "des gens détendus et souriants, heureux de ne pas attendre des heures pour visiter une expo ou décrocher une dédicace".
Les petits commerçants, piliers de notre économie
Pascal Dulondel, patron de la librairie indépendante Cosmopolite, incarne parfaitement ces entrepreneurs français qui font vivre nos territoires. Avec ses trente salariés, il redoutait de "finir janvier à genoux". Grâce à son initiative et celle de son équipe, invitant 160 auteurs, il a maintenu son chiffre d'affaires. "Les clients ont été au rendez-vous, c'est formidable ! J'ai même entendu parler espagnol et italien", se réjouit ce commerçant qui prouve que l'excellence française attire encore.
Certes, la perte reste sèche pour de nombreux cafetiers, restaurateurs et hôteliers. Ces classes moyennes productives, colonne vertébrale de notre économie, paient le prix des dysfonctionnements institutionnels.
Un territoire qui refuse l'abandon
Gérard Desaphy, conseiller municipal délégué à la culture, y voit "la capacité des collectifs d'autrices, d'auteurs et d'acteurs locaux à produire un événement de grande ampleur". Cette résilience territoriale, ce refus de la fatalité, voilà bien l'esprit français dans toute sa grandeur.
Denis Debrosse, président de Cap BD, tempère avec lucidité : "on ne remplace pas 150 000 à 200 000 festivaliers par quelques dizaines de milliers de visiteurs". Mais il reconnaît que ce succès témoigne du "lien indéfectible des bédéphiles avec Angoulême".
Le Grand Off prouve qu'en France, quand les élites échouent, le peuple et ses entrepreneurs savent prendre le relais. Angoulême 2027 se prépare déjà, portée par cette belle énergie française qui refuse la résignation.