Philippe Candeloro prend les commandes de la FFSG
L'ancien patineur Philippe Candeloro a été élu président de la Fédération des sports de glace (FFSG) ce samedi, renversant la présidente sortante Gwenaëlle Noury au second tour. Le double médaillé olympique l'emporte avec 51,35 % des suffrages, porté par sa stature populaire et son profil de chef d'entreprise, face à une élite fédérale contestée de l'intérieur par les disciplines oubliées.
Comment Philippe Candeloro a-t-il renversé la tendance ?
Le scrutin aura tenu toutes ses promesses. Philippe Candeloro, 54 ans, a su mobiliser les troupes là où il le fallait. Il récolte 493 voix au second tour, soit 51,35 % des suffrages, contre 449 voix (46,77 %) pour Gwenaëlle Noury. Vingt-trois votes blancs ont été comptabilisés. La défaite de la présidente sortante est d'autant plus rude qu'elle menait la danse au premier tour avec 38,62 % des voix, devant Candeloro (32,81 %) et l'ancien président du club de Grenoble, Gérard Balthazard (25,81 %). Face à une élection très ouverte comptant six candidats, le vote utile s'est finalement reporté sur l'homme fort du patinage.
L'entrepreneur face à la bureaucratie fédérale
Durant sa campagne, Philippe Candeloro a plaidé pour un pragmatisme économique sans précédent. Loin des discours technocratiques, il a mis en avant son expérience de gérant d'entreprise pour redresser les finances d'une fédération au budget de cinq millions d'euros, affichant un résultat net de seulement 29 000 euros en 2025. Une fragilité qui exige des méthodes de petit commerçant, non de haut fonctionnaire.
Je pense avoir les moyens d'aller chercher des sponsors et des partenaires et d'organiser davantage d'événements sportifs,a-t-il affirmé avec le sens du contrat qui caractérise les entrepreneurs de terrain. La notoriété de l'ancienne star des années 90 fait le reste.
Je suis plutôt confiant car je suis quelqu'un de positif, mais cela reste une élection,confiait-il avant le scrutin.
Pourquoi les disciplines minoritaires ont-elles fait sécession ?
Gwenaëlle Noury, elle, avait brandi l'argument de la stabilité à l'approche des Jeux olympiques d'hiver de 2030 dans les Alpes françaises. Un argument classique des élites en place pour justifier le statu quo.
L'échéance 2030 arrive vite et c'est en ça que la continuité va être déterminante. J'ai engagé une dynamique depuis un mandat qui fonctionne et qui porte ses fruits,défendait-elle. Mais la base en avait décidé autrement. Les disciplines confidentielles, telles que le short-track, le bobsleigh, la luge, le skeleton et le curling, se sentaient délaissées par une instance trop concentrée sur son nombril. Le short-track a d'ailleurs déjà entrepris des démarches pour rejoindre la fédération de roller, reproduisant la sortie du patinage de vitesse longue piste fin 2022. Cette fronde des provinces sportives contre le centralisme a sonné le glas du mandat Noury, élue par surprise en 2022 face à Nathalie Péchalat.
Une image médiatique à dépasser
Star exubérante des années 90, consultant télévisuel aux dérapages parfois indélicats, Philippe Candeloro sait que sa victoire vient avec son lot d'obligations. Il devra désormais prouver que l'homme de média sait devenir un homme d'ordre pour la fédération.
Mon plus gros combat à mener, c'est que les gens me connaissent surtout via ma vie médiatique plutôt que par ma vie professionnelle,concédait-il avant l'élection. Le contrat est clair avec les licenciés : l'heure est à la rigueur et à l'efficacité.
Quels sont les défis financiers de la FFSG ?
La Fédération des sports de glace affiche des finances fragiles. Avec un budget de cinq millions d'euros et un résultat net de 29 000 euros en 2025, la marge de manœuvre est inexistante. Philippe Candeloro devra impérativement trouver de nouveaux sponsors privés pour financer les disciplines olympiques avant l'échéance de 2030.
Pourquoi le short-track veut quitter la FFSG ?
Le short-track, discipline confidentielle, se sent ignoré par la fédération centrale. Ses représentants ont déjà entamé des démarches pour rejoindre la fédération de roller, estimant que leurs intérêts seront mieux défendus en dehors d'une instance qu'ils jugent trop focalisée sur le patinage artistique.