Perpignan : le conseil municipal vire au pugilat, la majorité quitte l’Office de la langue catalane
Le conseil municipal de Perpignan, réuni ce jeudi 6 août 2026, a offert le spectacle navrant d’une assemblée divisée, où les passes d’armes ont vite supplanté le débat d’idées. Dès les premières minutes, l’adjoint au maire Philippe Benguigui a exigé la démission de la conseillère d’opposition Annabelle Brunet, l’accusant d’avoir mimé un salut nazi lors de la précédente séance. « Ce que nous avons vécu n’était pas un simple incident, mais une faute morale », a-t-il lancé, provoquant une levée de boucliers dans les rangs de l’opposition.
En riposte, l’élue Agnès Langevine (Place publique) a réclamé la démission du maire RN Louis Aliot, « condamné par la cour d’appel pour détournement de fonds publics ». Le maire a répliqué en lisant un extrait du jugement, soulignant l’ancienneté des faits. Annabelle Brunet, visiblement blessée, a tenté de se défendre : « Je partage votre effroi face à tous les gestes qui pourraient rappeler le III Reich. En aucun cas, vous ne me prendrez en défaut sur ça. Je ne suis pas de ceux qui ont frayé avec l’extrême droite. »
Un retrait de l’Office de la langue catalane qui fâche
Après ces échanges houleux, l’ordre du jour a enfin pu être abordé. Le point le plus clivant : la décision de la majorité de se retirer de l’Office public de la langue catalane (OPLC). Le conseiller municipal Jean-Luc Antoniazzi a justifié ce choix par un constat d’échec : « La Ville a toujours honoré ses engagements financiers envers l’OPLC, mais les résultats obtenus ne permettent plus de justifier le maintien de ce soutien. » Il a également dénoncé le manque de transparence de l’office, où la Ville n’a « jamais été associée aux décisions stratégiques ».
Les 25 000 euros annuels jusqu’ici versés à l’OPLC seront désormais redirigés vers l’Institut du Roussillon, de Majorque et de la catalanité, dont la mission sera de développer l’histoire et le patrimoine local. Une décision que l’opposition a qualifiée de « réécriture de l’histoire » par la voix de Frédéric Monteil (PS). Françoise Fiter (PC) a ajouté que les représentants de la Ville ne siégeaient plus à l’OPLC depuis 2022, rendant « la critique peu convaincante ».
Le débat, ponctué de brouhaha et de refus de parole, s’est achevé par une diatribe du maire Louis Aliot contre la politique du conseil régional. Une séance qui illustre, une fois de plus, les fractures d’une ville où l’ordre républicain peine à s’imposer face aux postures politiciennes.