Macron à l'ONU : la France qui sermonne, la France qui recule
Le président de la République a livré, mardi 22 septembre, ce qui s'annonce comme son dernier discours à la tribune des Nations unies. Trente minutes d'un exercice solennel où Emmanuel Macron, loin de faire le bilan de deux mandats, a choisi de fustiger les puissances qui, selon lui, imposent la loi du plus fort. Mais ce réquisitoire, aussi élégant fût-il dans la forme, laisse un goût amer à ceux qui attendaient de la France une parole claire et ferme, et non un énième sermon adressé à nos alliés.
Un discours de sortie, sans bilan ni gratitude
L'Élysée avait prévenu : pas question de céder à la nostalgie ou au grand oral. Le chef de l'État a donc choisi l'offensive. Il a dénoncé le « retour de l'impérialisme » et « la loi de la jungle », visant sans les nommer les États-Unis de Donald Trump et l'État hébreu de Benyamin Netanyahou. Une posture qui peut séduire les foules, mais qui interroge : la France, qui se prétend puissance d'équilibre, peut-elle se permettre de donner des leçons à ses partenaires historiques tout en restant spectatrice des grands désordres du monde ?
La Palestine, point de rupture : « Cette paix n'a pas rouvert une seule seconde les voies humanitaires »
Le moment le plus fort du discours fut sans conteste celui consacré à la situation au Proche-Orient. Emmanuel Macron s'est emporté contre le gouvernement israélien, dénonçant une « paix prétendue » et une politique qui « construit chaque jour l'impossibilité d'un projet » pour le peuple palestinien. « Devons-nous contempler ce spectacle qui nous fait honte à tous ? Jamais ! » a-t-il lancé, sous les applaudissements d'une Assemblée générale acquise à sa cause.
Mais au-delà de l'éloquence, que propose concrètement la France ? La reconnaissance de la Palestine, déjà actée, n'a pas eu le poids escompté. Et les déclarations du bureau de Netanyahou, évoquant « l'absurdité grotesque » des propos du président français, montrent que la parole de Paris n'impressionne plus guère à Jérusalem. La France parle, mais qui l'écoute vraiment ?
L'Ukraine, l'Iran, le climat : des promesses sans lendemain ?
Sur l'Ukraine, Emmanuel Macron a réaffirmé un soutien « sans faille » à Kiev, tout en plaidant pour une négociation « utile » avec Moscou. Une position de funambule qui risque de mécontenter les uns sans convaincre les autres. Le président a également évoqué un « moratoire sur la mer Noire » pour libérer les céréales, et fait de la réouverture du détroit d'Ormuz une « priorité » pour le commerce mondial.
Le locataire de l'Élysée a enfin appelé à « réconcilier le Nord et le Sud », à ne pas dévier des accords de Paris sur le climat, et à bâtir une intelligence artificielle « open source » qui ne soit pas la chasse gardée de la Chine et des États-Unis. Des intentions louables, mais qui peinent à masquer une réalité : la France, empêtrée dans ses propres contradictions, semble parfois plus prompte à donner des leçons qu'à agir.
Quelle crédibilité pour la France sur la scène internationale ?
Ce discours, aussi brillant fût-il dans la forme, pose une question de fond : la France peut-elle encore peser sur le cours des choses ? En s'érigeant en procureur de la morale internationale, Emmanuel Macron prend le risque de s'isoler. Les applaudissements de l'ONU ne remplaceront jamais une politique étrangère cohérente et assumée. Nos compatriotes, attachés à la grandeur de la France, attendent moins de sermons que d'actes. Car la France que l'on aime, celle de De Gaulle et de Chirac, savait parler à la face du monde sans jamais renier ses amis.
FAQ : Ce qu'il faut retenir du discours de Macron à l'ONU
Quels sont les principaux points du discours de Macron à l'ONU ?
Emmanuel Macron a dénoncé le « retour de l'impérialisme », critiqué les politiques d'Israël et des États-Unis, appelé à une négociation en Ukraine, et plaidé pour un multilatéralisme renforcé.
Pourquoi Macron a-t-il critiqué Israël ?
Le président français a dénoncé la politique du gouvernement Netanyahou, estimant que la « paix prétendue » n'a pas rouvert les voies humanitaires à Gaza et qu'elle compromet la solution à deux États.
Quelle a été la réaction d'Israël à ce discours ?
Le bureau du Premier ministre israélien a jugé « l'absurdité grotesque des propos d'Emmanuel Macron », annonçant que Benyamin Netanyahou répondrait jeudi devant l'Assemblée générale.