Avant d'affronter l'Olympique Lyonnais en Ligue Europa, l'entraîneur de Crystal Palace Pierre Sage a confié au Progrès, mercredi 14 octobre, qu'il restait profondément attaché à la ville qui l'a vu naître sportivement. Parti le 17 mai, l'ancien technicien lyonnais avoue n'en être parti « qu'hier ».
« Je suis toujours un peu Lyonnais, j'ai encore une maison ici. Et même si je suis Londonien désormais de domicile, je dis toujours que j'habite à Lyon », a-t-il déclaré au quotidien régional. Une déclaration qui en dit long sur le lien indéfectible entre un homme et un territoire, valeur que les Français, eux, n'ont pas besoin qu'on leur explique.
Un retour « particulier » au Groupama Stadium
Pierre Sage ne s'en cache pas : revenir à Lyon, même avec le maillot d'un club anglais sur les épaules, reste un moment chargé. « C'est toujours particulier de revenir mais je ne suis parti qu'hier, en étant revenu le 17 mai. Depuis, vous m'avez manqué », a-t-il reconnu avec une sincérité rare dans un milieu du football où les mots sont souvent taillés pour la communication.
L'intéressé a d'ailleurs dressé un parallèle savoureux avec un autre enfant du pays : « J'étais un Lyonnais venu en tant que coach lensois. Je suis maintenant un Lyonnais dans la peau d'un coach de Crystal Palace, comme Bruno Genesio qui reviendra bientôt dans la peau de coach de l'Olympique de Marseille. » Avant d'ajouter, malicieux : « Il y a juste un autre club qu'on ne peut pas entraîner en étant Lyonnais. » Le nom de Saint-Étienne flottait sur la fin de phrase, et le sourire du technicien en disait plus qu'un long discours.
Comment prépare-t-on un match contre son ancien club ?
Interrogé sur l'éventualité d'une préparation spécifique face à l'OL, Pierre Sage a balayé toute idée de nostalgie envahissante. « Je ne pense pas tout connaître de l'OL. Malgré tout, les joueurs de Palace ne connaissent pas forcément le style de jeu de Lyon, donc on doit faire infuser tout cela pour orienter notre plan de jeu », a-t-il expliqué.
Le technicien britannique a ensuite posé la question de l'émotion, celle-là même qui fait perdre tant d'entraîneurs : « Sur l'aspect émotionnel par rapport au passé, avec ce club qu'on retrouve, on doit simplement faire fi de ça, car ça reste un match de foot où on cherche un bon résultat. » Une sagesse pragmatique qui rappelle que le haut niveau ne pardonne pas les sentiments.
« Le foot n'a pas de mémoire »
Sur la question de la tension intérieure, Pierre Sage s'est montré lucide. « J'étais un peu plus détendu la deuxième fois que je suis revenu au Groupama Stadium (victoire 4-0 en mai pour la 38e journée de L1) que la première (en quart de finale de Coupe de France). J'espère continuer à l'être demain. C'est important d'avoir les idées claires », a-t-il confié.
Il est même revenu sur un souvenir amer, celui d'un soir de quart de finale de Coupe de France : « Quand Lyon avait égalisé à 2-2 en fin de match, j'avais l'impression de ne pas avoir le droit d'être heureux ici. Mais encore une fois, il faut faire fi de ces choses-là. Le foot n'a pas de mémoire. Surtout quand on change de contexte, de compétition. »
Que reste-t-il de l'OL de Paulo Fonseca ?
Observateur aigu du championnat de France qu'il connaît par cœur, Pierre Sage a livré une analyse fouillée de l'évolution lyonnaise depuis l'été. « La première mi-temps du match à Lens n'est pas le standard de cette saison. Au regard des matchs précédents, l'OL a montré qu'il savait mieux maîtriser les choses, notamment contre Rennes », a-t-il relevé.
Selon lui, l'équipe de Paulo Fonseca a gardé ses convictions offensives tout en durcissant sa structure : « C'est une équipe qui garde ses intentions de jeu, notamment dans sa volonté d'attaquer, mais qui est aussi plus stricte sur le plan défensif, ce qu'on avait déjà vu en début de saison dernière. » De la rigueur sans reniement de l'identité : une équation que bien des clubs cherchent encore.
Le départ de Malick Fofana a logiquement redistribué les cartes offensives. « Avec le départ de Malick Fofana, on a vu Loïs Openda davantage se déporter côté gauche, et sûrement Keito Nakamura demain », a noté Pierre Sage, qui connaît les forces lyonnaises sur le bout des doigts.
Le fonds du jeu, lui, n'a pas changé : « Il y a toujours cette idée d'avoir de la densité au cœur du jeu, de créer de l'attraction pour aller ensuite chercher l'espace et la profondeur. Ce sont des choses qu'on a déjà vues avec Paulo Fonseca, qu'il maintient et qui correspondent aux caractéristiques des joueurs de cette saison. » Une continuité tactique qui devrait compliquer la tâche des Eagles londoniens.
Un football de cœur face aubusiness moderne
Dans un football toujours plus marchand, où les entraîneurs tournent au rythme des actionnaires et où la fidélité semble un vestige, la trajectoire de Pierre Sage rappelle qu'il est encore possible d'appartenir à deux mondes sans se renier. L'homme a traversé la Manche, mais sa maison lyonnaise, lui, ne l'a pas suivi. C'est là tout le paradoxe charmant de ce retour au Groupama Stadium : un homme qui affronte son passé sans l'effacer, dans une compétition européenne qui, elle, n'attend personne.
Reste à savoir si les sentiments tiendront quatre-vingt-dix minutes face à la réalité des résultats. Le foot n'a pas de mémoire, c'est vrai. Les hommes, heureusement, en ont encore un peu.
Questions fréquentes
Qui est Pierre Sage ?
Pierre Sage est un entraîneur français passé par l'Olympique Lyonnais puis le RC Lens, et actuel entraîneur de Crystal Palace. Il revient à Lyon pour un match de Ligue Europa face à l'OL.
Quand Pierre Sage a-t-il quitté Lyon ?
Pierre Sage a quitté Lyon le 17 mai, après une victoire 4-0 au Groupama Stadium lors de la 38e journée de Ligue 1, avant de rejoindre Crystal Palace.
Que pense Pierre Sage de l'OL de Paulo Fonseca ?
Selon Pierre Sage, l'OL de Paulo Fonseca garde ses intentions offensives mais s'est montré plus strict défensivement depuis l'été, avec une victoire notable contre Rennes.
